LA RESPIRATION

La respiration est fondamentale : c’est la base de la technique vocale !

Une mauvaise gestion du souffle peut entraîner des dysfonctionnements de l’appareil phonatoire et du forçage vocal.

La respiration est un mécanisme naturel et automatique.

En grandissant, nos habitudes posturales, notre activité physique ou encore certaines tensions peuvent modifier notre manière de respirer.

Pour le chant, l'objectif est d'apprendre à mieux percevoir et contrôler ce mécanisme afin de l'adapter aux besoins de la voix.

Pour chanter, nous allons apprendre à mieux comprendre et à maîtriser notre respiration.

Étape 1 : L’inspiration

La voix est un instrument à vent, dont la production du son dépend du souffle. Le son se produit avec de l’air, qui vient faire vibrer les cordes vocales et ainsi produire du son, qui résonne également dans l’air.

Le chanteur apprend à adapter la quantité d'air inspirée à la phrase qu'il s'apprête à chanter, tout en conservant une inspiration souple et confortable.

Schéma anatomique du thorax montrant les poumons, les côtes et le diaphragme

Première Zone

La première zone dans laquelle on peut observer le mouvement respiratoire se situe au niveau de l’abdomen, d’où l’expression courante “respirer avec le ventre”.

Bien sûr, l’air ne descend pas dans le ventre : il reste dans les poumons. Lors de l’inspiration, le diaphragme se contracte et s’abaisse, ce qui entraîne notamment une expansion naturelle de la région abdominale.

Pour permettre ce mouvement, il est important de ne pas maintenir les muscles abdominaux excessivement contractés. Le ventre reste souple et accompagne naturellement l’inspiration, sans chercher à le pousser volontairement vers l’avant.

Cette prise de conscience du mouvement abdominal est également utilisée dans certaines pratiques de relaxation, de respiration et de yoga.


Deuxième zone

La deuxième zone se situe au niveau des côtes inférieures et s’étend tout autour de la cage thoracique.

Lors de l’inspiration, les côtes peuvent s’ouvrir naturellement sur les côtés, mais également vers l’arrière.
Cette expansion permet de prendre conscience de la respiration dans sa dimension latérale et dorsale, et pas uniquement au niveau de l’abdomen.

On peut placer les mains sur les côtés des côtes inférieures afin de mieux ressentir ce mouvement d’ouverture à l’inspiration.


Troisième zone

La troisième zone concerne les parties supérieures et postérieures de la cage thoracique, notamment le haut du dos.

Lors de l’inspiration, une expansion peut également être ressentie dans cette région.
L’objectif n’est pas de soulever volontairement les épaules ou le haut de la poitrine, mais de laisser la cage thoracique s’ouvrir naturellement et sans tension.

Schéma des trois zones respiratoires : ventrale, intercostale et dorso-thoracique

En pratique

Les trois zones peuvent d’abord être explorées séparément afin de mieux prendre conscience des différents mouvements respiratoires.
L’objectif n’est pas de respecter un ordre précis, mais de parvenir progressivement à une inspiration globale, souple et multidirectionnelle.

Pour mieux ressentir ces mouvements, placez vos mains de la façon suivante :

  • Zone 1 – l’abdomen : posez les mains sans appuyer sous le nombril.
    Lors de l’inspiration, ressentez l’abdomen se relâcher et s’ouvrir naturellement, sans chercher à pousser volontairement le ventre vers l’avant.

  • Zone 2 – les côtes : placez les mains au niveau de la taille, sur les côtes inférieures.
    À l’inspiration, ressentez leur ouverture sur les côtés et légèrement vers l’arrière.
    Vous pouvez également placer les mains sous le sternum afin de percevoir les mouvements de cette région.

  • Zone 3 – le haut du dos : croisez les bras en plaçant les mains vers les omoplates, puis arrondissez légèrement le dos en relâchant la tête. Inspirez tranquillement et essayez de ressentir l’expansion de la partie postérieure de la cage thoracique.

La respiration ne se limite donc pas à un mouvement du ventre vers l’avant.
La cage thoracique est une structure tridimensionnelle qui s’ouvre dans plusieurs directions : vers l’avant, sur les côtés et vers l’arrière.

Il est important de développer cette perception en 3D du corps : ce que nous ressentons est tout aussi important que ce que nous pouvons observer visuellement.

L’objectif final est de réunir ces différentes sensations pour obtenir une respiration naturelle, libre et adaptée au chant.

Étape 2 : Entre l’inspiration et l’expiration

Entre l’inspiration et le début de l’expiration se trouve une courte phase de transition.
Dans le chant, l’objectif est de conserver une sensation d’ouverture et de disponibilité, sans bloquer volontairement la respiration ni créer de tensions.

Cette transition doit rester fluide et naturelle afin de préparer le passage de l’inspiration à la production du son. Il ne s’agit donc pas de retenir l’air, mais d’éviter qu’il ne soit relâché trop rapidement avant le début de la phrase chantée.

Pour prendre conscience de cette sensation, inspirez confortablement puis marquez un très court instant avant d’expirer, tout en conservant la sensation d’ouverture créée pendant l’inspiration. Veillez à garder la gorge, la mâchoire et le corps détendus.

Cet exercice permet de mieux ressentir la coordination entre l’inspiration et l’expiration et prépare progressivement le contrôle du souffle nécessaire au soutien et à la production vocale.

Étape 3 : L’expiration (La phonation)

Lors de l’expiration, le diaphragme se relâche et remonte progressivement tandis que les poumons et la cage thoracique reviennent naturellement vers leur position de repos.

Dans le chant, l’objectif n’est pas de bloquer ce mouvement ni de maintenir volontairement le diaphragme en position basse, mais de contrôler progressivement la sortie de l’air afin de l’adapter aux besoins de la voix et de la phrase musicale.

Pour cela, les différents muscles respiratoires, notamment les muscles abdominaux, transverse et intercostaux, participent à la régulation de l’expiration.
Cette coordination permet d’éviter que l’air ne s’échappe trop rapidement ou, au contraire, qu’une pression excessive ne soit créée.

Lorsque les cordes vocales se rapprochent, l’air expiré participe à leur mise en vibration : c’est le début de la phonation.

Cette gestion coordonnée du souffle et de la production vocale constitue l’une des bases du soutien, que nous allons approfondir dans la partie suivante.

Schéma anatomique des muscles du torse : muscles intercostaux, obliques et transverse de l’abdomen
Schéma anatomique de la respiration montrant les poumons, le diaphragme et la cage thoracique

On inspire avec la bouche ou le nez ?

Lorsque nous chantons, l’inspiration par la bouche est privilégiée, car elle permet de reprendre rapidement et silencieusement la quantité d’air nécessaire entre deux phrases.

Pendant le chant, l’inspiration par la bouche permet notamment :

  • de reprendre de l’air rapidement entre deux phrases,

  • de préparer naturellement la position de la bouche pour la phrase à venir,

  • de conserver une inspiration souple, sans chercher à prendre une quantité excessive d’air.

Au repos, la respiration par le nez est généralement privilégiée.
Le passage de l’air dans les fosses nasales permet notamment de :

  • filtrer une partie des poussières et particules présentes dans l’air,

  • réchauffer l’air inspiré,

  • humidifier l’air avant son passage dans les voies respiratoires,

  • favoriser une respiration plus calme et naturelle.

Il n’existe donc pas une seule manière de respirer valable dans toutes les situations.

Schéma comparant la respiration par la bouche et par le nez

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